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Fragments
De : Samuel Beckett Mise en scène : Peter Brook Collaboration à la mise en scène : Lilo Baur, Marie-Hélène Estienne Lumière : Philippe Vialatte Avec : Jos Houben, Marcello Magni, Kathryn Hunter
Actes sans paroles II / Fragments de théatre I / Berceuse / Ni l'un, ni l'autre / Va et vient
Les représentations sont en anglais surtitré en français. Les matinées du samedi sont en français ainsi que les représentations du dimanche 6 et 13 avril à 15H30.


LE MONDE
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Beckett était un perfectionniste. Mais peut-on être
perfectionniste sans avoir une certaine intuition de
ce qu’est la perfection ? Aujourd’hui, avec le passage du
temps, nous voyons à quel point toutes les étiquettes qu’on lui
a attribuées dans le passé – désespéré, négatif, pessimiste – sont
fausses. Beckett, en réalité, plonge son regard dans l’abysse
insondable de l’existence humaine. Son humour le sauve – et nous
sauve – il rejette les théories, les dogmes, qui n’offrent que pieuses
consolations. En réalité sa vie ne fut qu’une constante et pénible
recherche de la vérité.
Il positionne les gens exactement comme il les voit, dans
l’obscurité. Il les plonge dans le vaste inconnu, observant à travers
des fenêtres en eux-mêmes, dans les autres, le regard tourné
tantôt vers l’extérieur, tantôt vers l’intérieur, vers le haut, vers le
bas. Il partage leur incertitude, leur peine. Le théâtre lui donne
la possibilité de trouver une unité, dans laquelle l’image, le son,
le mouvement, le rythme, la respiration et le silence sont réunis,
dans une seule exactitude. Il se fait cette demande à lui-même
– un but inatteignable nourri par son besoin de perfection.
Il pénètre ainsi dans ce rare chemin qui relie le théâtre grec
et Shakespeare au temps présent – célébrant sans compromis la
vérité, une vérité inconnue, terrible, étonnante…
PETER BROOK
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